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La coccidiose chez la poule
 

La coccidiose chez la poule est provoquée par des stades intracellulaires de parasites, qui appartiennent à la famille Eimeria. Le coût total d’infestations de coccidiose se compose pour 75% d’effets subcliniques sur la croissance et la conversion de nourriture et pour 25% de frais de traitement.


Cause


Symptômes


Diagnostic
 


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 Cause

Que sont les Eimeria?

Les Eimeria sont des parasites unicellulaires. Ce sont des protozoaires qui demeurent obligatoirement la plus grande partie de leur cycle de vie dans les cellules de leur hôte. La maladie est principalement une maladie de l’aviculture intense. Une telle volaille constitue un hôte important pour les espèces Eimeria parce qu’il y a jusqu’à 25.000 d’oiseaux en même temps dans l’étable. Le parasite a un cycle de vie du type fécès-bec. Le rassemblement d’autant oiseaux qui sont en contact avec des excréments forme une opportunité idéale pour répandre l’infestation. Une infestation par Eimeria mène à une protection contre des infestations suivantes par la même espèce. Différentes espèces d’Eimeria infectent différents hôtes. Chaque espèce d’Eimeria infecte seulement un type d’hôte : ils sont donc hôte-spécifiques.

Est-ce que tous les Eimeria sont aussi dangereux?

Le pouvoir pathogène de coccidiose dépend du parasite et de l’hôte. Les facteurs d’importance sont la nature et le degré de multiplication de l’espèce Eimeria, le nombre et l’âge des œufs de parasites (nommés oöcystes) absorbés, la sensibilité de l’hôte y compris l’immunité de l’hôte, acquise lors d’une exposition antérieure au parasite.
Les 7 espèces d’Eimeria de la poule sont rangées d’après la sévérité descendante de la maladie :


Les 7 espèces d’Eimeria diffèrent donc considérablement dans le pouvoir pathogène. E. necatrix et E. tenella , suivi de E. maxima sont les espèces les plus aggressives. Eimeria brunetti est aussi très pathogène et certaines souches de E. mitis sont plus dangereuses que E. acervulina. L’espèce la moins dangereuse est E. praecox et les chercheurs acceptent que les effets nocifs à la croissance sont minimaux pour cette espèce, même après une ingestion massive d’oöcystes.


Comment se déroule le cycle de ce parasite?




Le cycle commence par une ingestion d’oöcystes sporulés. Chaque oöcyste sporulé contient 4 sporocystes avec chacun 2 sporozoïtes. À la température du corps, les sporozoïtes quittent leur sporocyste et deviennent actifs. Les sporozoïtes de différentes espèces Eimeria pénètrent en quelques secondes dans les cellules intestinales de la poule. Les stades du parasite dans la poule sont les mêmes pour toutes les espèces Eimeria. Le cycle de vie d’un Eimeria comprend 3 à 4 générations de multiplication asexuée qu’on appelle schizogonie. Vient ensuite la multiplication sexuée, qu’on appelle gamétogonie. Tous ces stades du parasite se trouvent dans les cellules épithéliales de l’intestin de la poule. De ceux-ci apparaissent les oöcystes, qui sont excrétés avec les excréments dans l’environnement. Dans des conditions favorables ces oöcystes se développent jusqu’à des oöcystes sporulés, que la poule ingère à nouveau et le cycle est complet. En fonction des influences de l’environnement et de l’espèce Eimeria la longueur du cycle varie entre 5 et 7 jours. Le pouvoir de multiplication de coccidia est très grand : en ingérant seulement quelques oöcystes, des millions de nouveaux oöcystes se forment dans les 8 jours.


Image microscopique de schizontes de E. tenella dans l’intestin (grappe de raisin)


Image microscopique de nombreux oöcystes de E. acervulina dans l’intestin


Que sont les facteurs de risque chez une coccidiose?

L’évolution d’une infestation de coccidiose chez les poules individuelles est dépendante de différents facteurs parasitologiques, à cause de l’environnement et des mesures de gestion d’exploitation qui jouent un rôle séparément, mais qui se produisent souvent en combinaison. Les facteurs suivants sont reconnus:


Les facteurs de l’environnement et de la gestion s’influencent l’un l’autre. Ensemble ils influencent la sporulation et la survie des oöcystes.


Quel est le rôle de la qualité de la litière?

Pendant une infestation de coccidiose les œufs de parasites (oöcystes) sont excrétés avec les fécès. Une poule ne peut s’infecter avec les oöcystes qu’après leur développement dans le monde extérieur, ce qu’on appelle sporulation. Le temps que prennent les oöcystes pour sporuler dépend de l’oxygène et de l’humidité. Parce que la température dans les entreprises de volaille est toujours favorable (28-30°C est optimal), on voit que l’oxygène et l’humidité sont les facteurs limitants.
La qualité de la litière détermine le nombre d’oöcystes infectieux. De la litière sèche n’a pas assez d’humidité pour créer beaucoup d’oöcystes sporulés et dans de telles conditions la pression d’une infestation de coccidiose restera relativement basse. Si la litière est extrêmement humide (partout ou à certains endroits comme les sources d’eau) des symptômes de coccidiose apparaissent plus facilement.


Comment est-ce que les poules développent de l’immunité à la coccidiose?

L’immunité à la coccidiose est surtout liée aux cellules. Les stades asexuées du parasite coccidiose interagissent avec la cellule hôte : l’attachement, la pénétration, et le développement ultérieur. Ce sont précisément ces stades critiques qui réveillent l’immunité de l’hôte.
Il n’y a pas d’immunité croisée entre les différentes espèces d’Eimeria: la poule qui a obtenu une immunité contre E. tenella n’a aucune protection contre une nouvelle infestation de par exemple E. maxima.
Pas toutes les espèces d’Eimeria réveillent autant d’immunité : une infestation de E. maxima mène à plus d’immunité qu’une infestation de E. acervulina, qui à son tour réveille plus d’immunité que E. tenella ou E. necatrix.
Pour offrir suffisamment d’immunité aux poussins de chair, plusieurs infestations de la même espèce d’Eimeria sont nécessaires. Une immunité complète ne se manifeste qu’après 4 à 7 semaines.

 

 
 Symptômes

Quels sont les symptômes chez les 7 espèces d’Eimeria chez la poule?


Espèce
Apparence des lésions
Stade de développement qui cause la maladie
Degré
d’agressivié du parasite
Eimeria acervulina
Des taches blanches sur la surface séreuse de l’intestin avec des lésions sur la surface intérieure
gamètes et oöcystes
++
Eimeria brunetti
Entérite nécrotique, muqueuse et sanguinolente, hémorragies pointues sur la muqueuse
gamètes et oöcystes
+++
Eimeria maxima
Sécrétion muqueuse, orange-rouge, hémorragies pointues sur la surface
gamètes et oöcystes
+++
Eimeria mitis
Pas de lésions visibles, sécrétions légèrement fluides
gamètes et oöcystes
++
Eimeria necatrix
Formations de ballons, sécrétion de mucus très sanguinolente, hémorragies pointues dans la paroi de l’intestin
schizontes
++++
Eimeria praecox
Pas de lésions visibles
gamètes et oöcystes
(+)
Eimeria tenella
Hémorragies sévères, noyaux de sang coagulé dans l’intestin
schizontes
++++

La localisation des différentes espèces d’Eimeria de la poule est rendue ci-dessous:




Remarquez la différence entre les poussins en bonne santé (à gauche) et les poussins atteints de coccidiose (à droite)

Les scores des fécès des poussins sont déterminants pour la sévérité de la coccidiose. Des exemples des scores 2,3 et 4 pour l’Eimeria acervulina sont représentés ci-dessous:


Excréments, score 2


Excréments, score 3


Excréments, score 4


Est-ce que la maladie est dépendante du nombre d’oöcystes ingérés?

La coccidiose mène seulement à la maladie après une ingestion de relativement beaucoup d’oöcystes sporulés par des poules sensibles. Le cycle du parasite se limite lui-même, de sorte qu’une prise d’une petite quantité d’oöcystes (par exemple jusqu’à 100, même de l’espèce la plus dangereuse), puisse avoir des effets négligeables. Certaines souches comme E. maxima sont clairement plus dangereuses et 500 oöcystes provoquent déjà des hémorragies avec un retard de croissance.
Une ingestion de plus grandes quantités d’oöcystes E. brunetti, E. maxima, E. necatrix ou E. tenella mènent inévitablement à une maladie grave. Le changement du poids de la poule est parfois tragique. Ainsi une infestation de E. necratix entraîne une perte de poids sévère à partir de 96 heures après l’ingestion des oöcystes.
La perte de poids relativement brusque et le début des symptômes sont typiques pour les espèces les plus dangereuses et montre la difficulté de vérifier s’il y a certaines espèces qui circulent dans une entreprise avicultrice et si la maladie peut être prévenue.


Quels dégâts voit-on à cause de la coccidiose?

La coccidiose est une des maladies principales de l’aviculture. Mondialement la coccidiose coûte environ 800 millions d’euros par an au secteur aviculteur. Les dégâts causés par la coccidiose sont provoqués d’une part par la mortalité, le retard de croissance et une mauvaise conversion de nourriture et d’autre part par le coût pour maîtriser la coccidiose. Il est estimé que la coccidiose est responsable de 6 à 10% de la mortalité dans l’aviculture moderne dans le monde.
 

 
 Diagnostic

Pour constater une éruption de coccidiose, on suit les 4 étapes suivantes:

1) Historique de l’entreprise
Les facteurs suivants sont d’importance:

    • gestion de l’étable: nombre d’oiseaux, température, humidité, ventilation, qualité de la litière, etc.
    • paramètres qui jugent les prestations: absorption d’eau, mortalité, etc.
    • maladies et mortalités précédentes et actuelles
2) Analyse clinique des animaux malades

3) Section
    • scores de lésions: les lésions causées par E. acervuli sont assez typiques (taches blanches), mais pour les autres espèces on a besoin d’un œil exercé. Ensuite l’endroit typique de la lésion aide à établir l’espèce d’Eimeria.
    • grattements de la muqueuse: les grattements sont efficaces pour chercher des oöcystes (qualitativement) mais pas pour déterminer la quantité. On prélève les grattement à au moins 3 endroits dans l’intestin pour retrouver toutes les espèces. De plus on doit gratter assez profond dans l’intestin pour retrouver les espèces qui se développent plus profondément dans l’intestin.

4) Analyse de laboratoire

L’analyse de laboratoire est constituée d’une recherche qualitative des oöcystes et leur compte quantitatif. Ce dernier s’exprime en OPG (oöcystes par gramme d’excréments ou par gramme de litière).


Oöcystes d’Eimeria sous le microscope

Brochure La diarrhée suite à la coccidiose
 
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